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Parménide et la découverte du fait d'être.

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Message  larchange le Dim 11 Déc 2016 - 8:02

J'ai promis à Baffie de lui faire découvrir la notion d'Etre, telle qu'elle fut fondée par les Grecs. L' Etre, et la science de l'Etre, appelée ontologie. Il s'agit là, bien sûr, de philosophie, et même de la Philosophie. La philosophie ne peut, en tant que philosophie, n'être découverte que par l'Histoire de la philosophie. Nous pouvons tous philosopher bien sûr, sans rien savoir des Grecs, mais si nous voulons philosopher en retrouvant le sens originel du mot, nous ne pouvons que nous référer aux Grecs, puisque ce sont eux qui ont fondé la Philosophie.

Nous avons coutume de parler de notre civilisation comme étant judéo-chrétienne. Il y a là presque une redondance, car judaïsme et christianisme sont deux variantes d'une même vision du monde, donnée par le monothéisme. Aujourd'hui apparait l'islam, vision du monde elle aussi construite dans le même monothéisme.

Mais, à côté de cette construction monothéiste des représentations du monde il existe une autre vision, la vision grecque. Cette vision est aussi constitutive de notre civilisation, même si, depuis quelques décennies, plus personne ou presque ne s'y réfère. Le fait de ne plus s'y référer ne signifie pas que cette civilisation est devenue inopérante. Loin de là. L'esprit des origines vit toujours dans les sciences exactes, dont les fondements reposent aussi dans la philosophie grecque. Les premiers philosophes étaient aussi des mathématiciens et des physiciens.
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Message  larchange le Dim 11 Déc 2016 - 8:05

Plutôt que de faire des commentaires sur des commentaires je vais livrer ici un cours dispensé par un professeur à la Sorbonne sur Parménide, cours pris en note il y a quelques temps par etoilefilante.
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Message  larchange le Dim 11 Déc 2016 - 8:21

Parménide et la découverte du fait d'Etre.


"Nous allons parler de la notion dEtre d'abord, puis le l'Etre comme substantif ou verbe substantivé.

Au début "être" est un verbe. Chez les grecs il avait un poids énorme. C'est ainsi que la philosophie a pu naître. Cela s'est produit à l'intérieur d'un peuple qui pensait en grec et qui parlait grec. La philosophie est née en Grèce et est restée un phénomène grec pendant six siècles. Ce n'est qu'ensuite, avant le début de notre ère, que des gens qui parlent et pensent en latin se mirent eux aussi à philosopher. Il y eu alors une cohabitation : les philosophes qui philosophent en grec et ceux qui philosophent en latin. Ensuite on philosophe en plusieurs langues.

Mais au début et pendant six siècles la philosophie a été un phénomène grec.

On peut se demander jusqu'à quel point le verbe être a eu un poids décisif dans l'origine de la philosophie. Pourquoi privilégier la Grèce si le verbe être se retrouve dans toutes les langues ? Pourquoi est-ce grâce au verbe être et à l'intérieur d'un peuple qui disait "être" en grec que la philosophie est née?"
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Message  larchange le Dim 11 Déc 2016 - 9:06

"D'abord il y a des langues qui ne possédaient pas le verbe être. Les grecs possédaient le verbe "être" et le possèdent encore aujourd'hui.De plus il y a des langues anciennes et modernes qui, pour la notion d'être, possèdent plusieurs verbes. Il n' y a pas un verbe, il y a des douzaines de verbes pour faire allusion à des manières d'être. Une manière d'être est consacrée par un verbe, une autre manière d'être par un autre verbe. En revanche dans le cas de la langue grecque tout est différent.

Benveniste : "le Grec non seulement possède un verbe être ce qui n'est nullement un nécessité de toute langue mais il a fait de ce verbe des emplois tout à fait singuliers. La structure linguistique grecque prédisposait la notion d'être à une vocation philosophique".
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Message  larchange le Dim 11 Déc 2016 - 19:39

"Il ne faut pas oublier que être est d'abord un verbe. Il devient ensuite un substantif, le substantif : être. Le verbe être appartient à la langue courante c'est-à-dire au grec que l'on parlait chez soi et au grec que l'on écrivait quand Homère ou Hésiode et d'autres poètes ont écrit avant que la philosophie existe. C'était un mot courant. Les mots physis et logos étaient des mots rares. Ils appartenaient à la langue écrite et on suppose à la langue orale. Ils figuraient dans les poèmes homériques, ils figuraient chez Hésiode mais il s'agissait de mots plutôt rares. Physis une seule fois chez Homère, logos deux fois. En revanche le verbe être est partout dans les poèmes homériques comme il est aujourd'hui partout dans n'importe quelle langue qui possède le verbe être. Mais le verbe être, déjà dans les poèmes homériques, a plusieurs nuances, plusieurs significations. Vers la moitié du IV siècle Aristote dira : "l'être se vit d'une manière multiple" c'est-à dire le verbe être a une signification multiple".
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Message  larchange le Lun 12 Déc 2016 - 9:00

"Et lorsque Aristote dit cela il ne fait que regarder la langue grecque. Cette signification multiple du verbe être se trouve déjà dans les poèmes homériques. Comme en français on peut dire : "Marie est belle" et le verbe être a un sens copulatif. [copulatif : qui lie le sujet d'une proposition à l'attribut]. Nous pouvons dire : "Nous sommes à l'institut" et le verbe être a un sens locatif. "Cette montre est à moi" et le verbe être a un sens de possession...

Dans les poèmes homériques pareillement le verbe "einai" [ einai : être, en grec] avait plusieurs significations. Il avait surtout une signification qui s'est affaiblie dans le temps. C'était la signification forte surtout quand il n'est pas accompagné d'un prédicat : "Marie est belle", belle est un prédicat. Quand il n' y a pas de prédicat le verbe être a une signification forte, il est synonyme d'exister. Les dieux existent, en grec on dit "le dieu est" mais avec un sens fort. Le sens fort signifie être présent, être là. Attention nous sommes avant la philosophie. Ce sont des phénomènes de langue, la philosophie n'a rien à voir. C'est surtout ce sens fort du verbe être qui prédomine dans les poèmes homériques. Ce sens est un héritage de l'origine indo-européenne du mot être".
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Message  larchange le Lun 12 Déc 2016 - 17:04

"A l'origine le verbe être en grec avait une racine qui était assimilée au verbe respirer. Je respire, je suis, je suis vivant. Chez Homère le sens de respirer du verbe être a disparu, mais il reste le sens de présence, d'existence. Par exemple quand Homère fait allusion aux dieux il a cette formule "toujours vivants". C'est la seule différence entre un dieu et un homme. Pour les grecs les dieux sont nés, ils vivent comme nous mais ils ne meurent pas. Ils sont toujours vivants. Dans les textes grecs de l'Iliade ou de l'Odyssée il y a les dieux qui "sont toujours" : le verbe être est employé mais avec le sens de vivre. En plus avec l'adverbe "toujours" il y a le sens d'immortalité propre à la divinité.
Etant donné que dans la langue grecque le verbe être est omniprésent, il y a des modes, des temps du verbe être. Dès que nous entrons dans le domaine de la philosophie il y aura une forme du verbe être qui sera privilégiée. Il s'agit du participe présent du verbe (aimer---amant; protester--- protestant, croire---croyant), soit : étant".
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Message  Baffie le Lun 12 Déc 2016 - 18:52

Larchange, je te remercie pour ce cours de philosophie. Il est clair qu'il est plus facile d'appréhender la notion de l'Etre avec une personne avec laquelle on peut discuter.
Cela est plus agréable et plus vivant que la lecture d'un cours de philosophie.
C'est avec humilité, plaisir et honneur que j'accède à de nouvelles connaissances et que je m'enrichis intellectuellement un peu plus chaque jour.
Je te remercie d'avoir pris le temps de me répondre, et pour ce travail de recherche que tu as effectué.
Merci encore Larchange.


Dernière édition par Baffie le Jeu 15 Déc 2016 - 8:52, édité 1 fois
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Message  larchange le Jeu 15 Déc 2016 - 8:45

@Baffie a écrit:Larchange, je te remercie pour ce cours de philosophie. Il est clair qu'il est plus facile d'appréhender la notion de l'Etre avec une personne avec la quelle on peut discuter.
Cela est plus agréable et plus vivant que la lecture d'un cours de philosophie.
C'est avec humilité, plaisir et honneur que j'accède à de nouvelles connaissances et que je m'enrichis intellectuellement un peu plus chaque jour.
Je te remercie d'avoir pris le temps de me répondre, et pour ce travail de recherche que tu as effectué.
Merci encore Larchange.

Je suis très sensible à tes remerciements Baffie. Mais, outre le fait de transmettre, le fait de retranscrire ici un cours (que j'ai pourtant étudié!) me permet à mon tour de mieux comprendre ce concept d'Etre. Etoilefilante, qui a pris ce cours en note, redécouvre aussi, à partir du seul fait que je retranscrive ici ce cours, de nouvelles significations au concept d'Etre.
L'intérêt des textes philosophiques (comme des textes bibliques d'ailleurs, ou des textes coraniques, que l'on croit ou non en Dieu) c'est de toujours révéler de nouvelles significations.
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Message  larchange le Jeu 15 Déc 2016 - 9:17

"En français un participe présent est parfois assimilé à un substantif ou à un adjectif. En grec le participe présent conserve toujours le sens de participe et il est utilisé dans la langue avant d'être utilisé dans la philosophie. Quel est le participe présent du verbe être ? C'est le mot "étant". En grec il existe aussi un participe passé et un participe futur comme en latin. Mais c'est le participe présent qui a été privilégié. En grec le mot "étant" était un mot courant. On peut traduire "étant" par : "ce qui est". Etant donné que le participe peut être masculin, féminin ou neutre, en grec on peut traduire le participe par "celui qui est", "celle qui est" ou "ce qui est". Quand un Grec utilise ce participe présent il tient toujours présent cette notion d'existence ou de présence du verbe être. Quand le mot va rentrer dans la philosophie, le mot être, donc aussi le participe présent étant, va rentrer avec un sens absolu, c'est-à-dire sans prédicat [sans adjectif pour le qualifier]. Nous pouvons dire que " Marie étant sympathique est invitée toujours à des réunions" étant est le participe présent certes, mais la phrase continue. Il faudrait imaginer une utilisation du mot "étant" qui ne soit pas suivie après d'un complément [ni d'aucun mot]. En français cela ne se peut pas. Marie étant quoi ? étant sympathique, c'est un prédicat [sympathique est le prédicat de Marie, prédicat : l'attribut].
Si le verbe a un sens absolu il est utilisé sans prédicat. Alors le mot "étant" a le sens de "ce qui existe", l'existant, l'étant, ce qui est présent.[Il faut imaginer pouvoir dire en français : "Marie étant"].
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Message  larchange le Ven 16 Déc 2016 - 22:23

"Le pluriel du participe est utilisé. "Etant", en grec, c'est "on" [omicron-nu] tout simplement mais c'est "onta" au pluriel [omicron-nu-teta-alpha]. "Onta" ce sont les étants. En grec on utilise un neutre pluriel. Il y a aussi un participe masculin, un participe féminin près du participe neutre. Pour dire "les hommes qui existent" il y avait une forme, "les femmes qui existent" une autre forme. Mais quand on dit "onta" on parle des choses qui existent. C'est un pluriel neutre qui fait appel, allusion à quelque chose de général. C'est le sens générique. Le sens du mot "onta" (non pas la traduction qui est : "étants") ce sont les choses concrètes ou abstraites, les choses matérielles ou spirituelles. On rajoute un article neutre, "ta", qui n'est ni masculin ni féminin. "ta onta" : les chose qui existent, "les étants".
Dès que la philosophie commence à regarder les choses, elle regarde "ta onta". Le premier philosophe pose le regard sur les choses et il se pose des questions sur les choses, est-ce que toutes les choses sont semblables ? Toutes les questions posées par les premiers philosophes concernent "ta onta". Déjà en grec dire les choses cela veut dire les étants. Que sont "les étants" ? Est ce qu'il y a "des étants" privilégiés ? Quelle est l'origine des "étants" ?
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